7 novembre 2014

Le Gotthard, Gran Gottardo.

Me revoici en Suisse, mais cette fois dans un endroit où je ne suis jamais allé, en l'occurence le Tessin, partie italienne helvétique, et qui donne vraiment l'impression d'avoir franchi les Alpes.
Nous sommes arrivés avec la neige, en très grande quantité, et qui m'a fait craindre un instant  de rester bloqué en des endroits comme le tunnel routier du Gotthard ou le train de la passe de Furka. Disons dans les accès à ces endroits, puisque un fois sur le train avec la voiture, tout roule. Et je suis content de la mienne, qui, contrairement à l'ancienne Mercedes, se comporte excellemment sur les routes enneigées. Il faut avouer que je n'étais pas chaud pour venir me perdre au début de l'hiver dans ces contrées lointaines, et avec des horaires qui me laissent peu d'espoir de rentrer avant plusieurs semaines.
Mais après quelques jours d'adaptation, cela m 'a rappelé que quand je suis venu en Suisse et surtout avant sur le chantier du tunnel du Mt-Blanc, j'avais encore moins de repères et de moyens de subsistance. Ce n'est pas le cas aujourd'hui, et je retrouve assez vite mes facultés d'adaptation à tous les climats et les circonstances.
J'ai quand même quelques exigences en rapport avec le confort et la connectivité, essentielles pour moi. J'ai arrêté de bosser dans des conditions plus que précaires il y a quelques années, et il n'y a aucune raison que je recommence.
Donc, je peux maintenant me concentrer sur mon job sans interférences psychologiques, et profiter des moments libres pour faire connaissance avec la faune et la flore de la région..
La neige est tombée en quantité, je l'ai dit, et maintenant, elle fond, ce qui génère quantité de cascades exceptionnelles et magnifiques. Ici, la roche est plus sombre car la roche est la plus vieille des Alpes. C'est le massif du Gotthard, qui fait partie des massifs cristallins du Permo-carbonifère, ère primaire...Ces roches éruptives et métamorphiques viennent du fond des âges et des entrailles de la Terre, révélées par l'érosion et les mouvements tectoniques( je suis allé à la pêche ici).
Demain, je retourne me balader en matinée car je bosse l'après midi et la nuit de samedi. Les autres suivantes aussi d'ailleurs.
J'aimerai bien vous montrer les chamois dont j'ai vu les traces... Mais c'est une autre histoire.







4 novembre 2014

Brig, Valais, Suisse

Me revoici dans ma contrée d'adoption...Je suis à Brig, dont je garde le souvenir d'un accident de travail. C'était en 2002 et je venais de commencer sur le chantier du tunnel du Lötschberg. Nous allions y passer quatre ans à traverser la montagne sous la célèbre Jungfrau. Après quelques semaines de travail, où je m'occupais à l'époque des tapis convoyeurs, j'ai eu la main droite malencontreusement happée par un tapis et il s'en est fallu de peu que je perde celle-ci. Heureusement, les médecins de l'hôpital de Brig ont fait du bon boulot, et après quatre mois de convalescence et de rééducation, j'ai pu reprendre le travail.
J'ai eu plusieurs opérations ensuite, mais j'ai attendu la fin du chantier pour effectuer l'opération finale qui m'a permis de retrouver toute la souplesse de mes doigts.
Voilà pour les souvenirs, et depuis, je n'ai rien eu d'aussi grave, heureusement.
Brig est du côté allemand du Valais, où la frontière se situe virtuellement juste après Sierre, avant Leukerbad, Loèche les bains en français.
Il n'y a pas de territoire tampon où les autochtones parlent les deux langues, comme souvent aux frontières des pays. A Sierre, tout le monde parle français, les rues et les commerces sont tous affichés dans cette langue, les commerçants ne parlent que la langue de Voltaire, et à quelques kilomètres de là, tout est passé dans le langage de Goethe. Et dans le Tessin, l'histoire se répète en italien.
J'aime assez le Valais, c'est le premier canton où j'ai vécu, les gens sympathiques et le soleil est très présent, la vallée du jeune Rhône bénéficie d'un micro-climat privilégié.
En ce moment, mes obligations professionnelles m'emmènent dans des endroits suisses que je ne connaissais pas, et à chaque fois, je vais de surprise en émerveillement.
Pourtant, cette période entre deux saisons où la pluie peine à devenir  neige n'est pas la plus favorable aux sorties et aux impératifs de mon travail plutôt en extérieur.
Il suffit de faire les quelques kilomètres qui amènent à l'altitude adéquate, et l'environnement se métamorphose.


Ce n'est pas le Valais, mais il faisait tellement mauvais que
j'ai attendu le soleil pour faire des photos...On est plus vers le Tessin, là.

19 octobre 2014

Fabrice Éboué au Bataclan

Dans le genre "je bouscule tout le monde", Fabrice frappe fort!
Je suis allé le voir hier au Bataclan, boulevard Voltaire et il est arrivé sur la scène, après que celle-ci eût été chauffée par Khian Khojandi, plus connu, entre autres de moi-même, si je dis"bref...".
Ces deux là ont un savoir-faire pour tenir une salle qui m'épate toujours. Pas pour eux, mais en général pour tous ces artistes qui sont seuls sur une scène, les "one-man-woman-show".
Pas évident, il faut être un roi de la tchatche, de l'impro, du tempo, de la répartie, toutes ces qualités qui font qu'un humoriste sorte du flot ininterrompu des candidats à la gloire.

10 octobre 2014

Fort de Fermont

Cela faisait longtemps que je voulais voir cette fameuse ligne Maginot,  celle dont on dit qu'elle n'a servi à rien...A l'emplacement de ce fort, une plaque commémorative indique qu'il fut tout de même attaqué et livré sans avoir été vaincu à l'ennemi.
Cet ouvrage fait partie d'un grand ensemble de fortifications enterrées pour la plupart, escamotables, et assez bien conçues. 
Dommage que les allemands n'aient pas eu le bon goût de passer à proximité pour envahir la France. 
Notre pays était resté sur la base de la guerre de 14-18, conflit de positions, où chacun s'enterre et reste là où il se trouve. Résiste et combat, avance et se replie, comme au bon temps des tranchées.
Mais la Blitzkrieg du général Heinz Guderian ne s'embarrassait pas de ces détails. Il a (ré)inventé la guerre de mouvement telle que la connaissait les contemporains de Gengis Khan ou qu'on pouvait l'apprendre des 36 stratagèmes chinois.

Pour en revenir à ce fort, je n'ai pu le visiter, juste m'en approcher à la fin de ma journée de travail et n'ai pu y retourner faute de temps, car, tout comme les armées d'antan, je suis toujours en mouvement...:/)
Il reste également aux alentours, dans les champs, des blockhaus disséminés, apparemment sans but, mais j'en doute. Ceux que je vois en Suisse, et qui sont la continuité de la ligne Maginot, sont plus facilement explicables: surplombs, vue plongeante sur les routes et vallées, accès routiers et ferroviaires, etc.. Ici, rien ou presque ne se distingue de la nature environnante.
Elle qui absorbe tout a quand même bien du mal à digérer les forteresses faites de mètres d'épaisseur de béton. Mais elle y arrive doucement.  C'est une digestion lente, à l'instar des autres bunkers côtiers qui eux, sont avalés par le sable sous leur propre poids.
Tout cela rappelle que le temps est un rouleau compresseur qui avale tout.
Ces guerres ont disparu de la mémoire collective, et à part des passionnés d'histoire comme votre serviteur, il ne reste plus beaucoup de jeunes adultes que cela intéresse, encore moins d'adolescents; ils ne se sentent pas concernés par ces conflits pour eux préhistoriques. J'entends par là antérieurs à leur propre naissance.
Pourtant, ces jeunes gens devraient apprendre du passé, je l'ai déjà écrit ici même.
Les méthodes semblent changer, mais la finalité est la même: tuer son prochain pour avoir ce qu'il possède.
Nous avons fait semblant de croire qu'après deux conflits mondiaux, l'Europe serait le territoire des Bisounours, que le libre échange des gens et des biens apporterait bonheur et prospérité.
Nous n'avons fait qu'ouvrir nos frontières à tous les autres qui n 'avaient pas su ou pu obtenir notre degré de civilisation et d'instruction.
Il a fallu pourtant des des siècles pour cela dans toute l'Europe.
Malgré cela, à cause de la faiblesse des états, de l'éthique imbécile sur la solidarité qui ne marche que dans un seul sens, il ne nous faudra que quelques années pour revenir au moyen-âge.

Une des entrées du fort.
plaque commémorative
Ce fut a trouvé un locataire plus pacifique...

Canon allemand dont je doute que ce soit la couleur d'origine.

Longuyon, non loin...

7 octobre 2014

Longuyon, Moselle.

Toujours en Lorraine, et encore pour quelques semaines, le sentiment d'être dans un endroit oublié des hommes se fait plus sentir quand le temps passe à la pluie et la froidure d'octobre.
Cette ville, Longuyon, à vingt kilomètres de Longwy, autant de la Belgique et du Luxembourg, semble avoir du mal à retrouver une place dans ce carrefour entre trois pays.
Si j'en regarde l'histoire, elle est l'une des nombreuses communes où l'on croit que rien ne s'est passé, justement que l'histoire de France. Des guerres, celle de 1914/1918 fut la plus meurtrière, qui la vit dévastée par l'armée prussienne les 23 et 24 août de la première année, et fusilla 86 habitants, hommes, femmes et enfants sur les 2300 qui y résidaient.
Plus loin de nous, Louis XIV a prononcé son nom pour en faire détruire le château de Mussy par les troupes d'occupation française.
Des occupations, la dernière, curieusement, par l'armée canadienne, jusqu'en 1967.
Il y ont laissé en souvenir: un totem...
J'irai voir où il se trouve pour le prendre en photo, et aussi, si je peux, voir le musée de la ligne Maginot, qui passait aussi par ici au fort de Fermont. 
Il faut bien admettre qu'en France, quel que soit l'endroit où vous vous trouviez, même le plus petit village a une histoire deux fois millénaire à raconter. 
Ici, des vestiges gallo-romains témoignent, là-bas des châteaux et des forges nous parlent de la vie de générations de soldats, de paysans et d'ouvriers.
Des ouvriers, il n'y en a plus guère, parmi les vestiges de ce grand noeud ferroviaire que fut la gare de Longuyon. Il y passait d'immenses trains de minerai et d'acier. Il y avait de forges, des ateliers, des dépôts, ce devait être très fréquenté...
Toute cette région, il ne faut pas l'oublier, de la Manche à la Ruhr, faisait vivre l'Europe avec son charbon et son acier.

Même si ce n'est pas l'endroit que je retiendrai pour y passer une villégiature ensoleillée, je garde un profond respect pour tous les gens qui y ont creusé la terre, travaillé le fer et laissé leur vie pour le futur de leurs enfants.
Dommage que de sombres intérêts soi-disant supérieurs aient laissé, là où régnait une activité florissante, des ruines gigantesques et des populations désemparées.

30 septembre 2014

Le berceau de l'acier

Nous sommes en ce moment en Moselle et Meurthe & Moselle, sur les anciennes frontières qui partageaient la France et l'Allemagne et dont certains souvenirs et règlements perdurent encore aujourd'hui.
Un de plus curieux est l'inversement des voies de chemin de fer, qui passent de la conduite à gauche côté français à droite côté allemand. La Moselle qui fut allemande voit donc ses panneaux s'inverser et un système qui a dû être compliqué à mettre en oeuvre, fait passer les voies l'une au-dessus de l'autre par un tunnel et une butte naturellement nommée saute-mouton.
Cette région est aussi une riche terre de minerai qui voit des aciéries et des hauts fourneaux pousser depuis le début du siècle dernier.
Cette période est maintenant révolue, même s'il reste des activités réduites dans ce secteur, et je ne saurai dire si elles ont été sauvées ou sacrifiées par les nouveaux et anciens propriétaires, les indiens de Tata et de Mittal d'un côté et Arcelor ou Usinor de l'autre.
Il est resté de cette époque nombres de bâtiments, d'usines, de maisons d'ouvriers identiques, et surtout une population qui a dû se reconstruire un univers sur les ruines d'un passé exceptionnel.
Tout le monde a entendu parler de Longwy, de Florange, Hayange et autres lieux célèbres par leurs tragédies, leur opiniâtreté à combattre, à refuser l'inéluctable.
C'est un des endroits les plus emblématiques que je connaisse en France.
De part la taille des installations qui s'élèvent encore fièrement dans le ciel à Hayange, au milieu de la ville, mais silencieuses et arrêtées, rouillées, et l'on se demande s'ils ne veulent pas les remettre en route un jour.
Je me demande quand même comment faisaient les gens pour vivre autour de ces usines bruyantes, probablement extrêmement polluantes, dont les cheminées crachaient des tonnes de suies et de gaz incandescents.
La coulée(archives)
Temps révolu...
Bienfait ou malédiction?
Je pense que la population vivait pour l'acier et pour la sidérurgie. Fi des désagréments, c'est elle qui les faisait vivre.
Maintenant, les maisons ne sont plus recouvertes de suie, les nuages et le ciel ont des couleurs blanches et bleues, mais je ne suis pas sûr que les autochtones n'aient pas des regrets de l'époque bénie qui faisait de cette vallée le berceau de l'acier.
Hayange continue de produire des rails de chemin de fer.

24 septembre 2014

Thionville, Moselle

Me revoici en Moselle, dans ce haut lieu de la sidérurgie française et dont il ne reste plus pratiquement plus rien, à part quelques usines et des hauts-fourneaux éteints.

La ville de Thionville ne garde plus grand-chose de ce passé , à part les souvenirs et les vestiges qui disparaissent peu à peu dans les environs.
Il faut se rappeler aussi que cette ville s'appelait Diedenhofen durant la période 1871-1918 et qu'elle est au carrefour de trois pays :La Belgique, le Luxembourg et l'Allemagne.
C'est une ville très active et moderne, elle abrite également de nombreux édifices historiques comme le fort de Guentrange dont je ne mets pas le lien, vu la désuétude du site...Web, pas les fortifications...
J'aime assez cette ville, nous en avons visité des plus désagréables.
En plus, l'hébergement que nous avons dans un hôtel du centre-ville est plus que correct.


Omaha beach, plage meurtrière

Parmi les plages du débarquement, Omaha, où ce sont les américains qui reçurent le privilège d'y débarquer, possèdent des falaises q...