17 novembre 2014

Hollande en Nlle-Calédonie...

Ou comment dire aux Français de l'autre bout du monde:"Qu'est-ce-que j'en ai à foutre de votre île?"
Je me demande s'il a suivi l'histoire de ce territoire que je connais assez bien, j'y ai vécu un moment en 1983, mais qui a bien changé...J'y suis retourné en 2008 avec mon fils et j'ai été fort déçu.
La première fois, j'y suis allé surtout pour faire le jeune désoeuvré, revenant de treize mois d'hivernage en Terre Adélie, et plutôt désireux de faire la fête et de profiter du soleil du Pacifique Sud. Mission accomplie, et ce fut, avec le recul, une bonne idée de faire cette folie.
Ce serait un très grand luxe de refaire la même chose maintenant et je n'ai plus le même âge. Aucun regret,  car la suite montra que ma vie ne fut plus du tout aussi amusante et exempte de soucis comme j'avais pu le connaître à cette période.
Le retour sur place était le fruit d'une longue réflexion sur la raison qui m'avait fait quitter le caillou au bout d'un an, alors que j'aurais pu faire carrière dans les mines de nickel.
Ce voyage sur place 25 ans plus tard m'a réconcilié avec le grand sentiment de regret que je trainais derrière moi. Je n'ai pas retrouvé ce dont je me souvenais, la magie et l'ambiance de 1983, malgré les évènements qui s'y déroulaient à l'époque.
Juste un petit bout de France avec les mêmes comportements incohérents et destructeurs qui en font la particularité.
Des bâtiments qui avaient poussé comme des champignons et, semble-t-il, dans le plus grand désordre. Contrairement à l'Australie que je venais de parcourir rapidement et dont j'avais visité la grande Barrière, celle de Nouvelle-Calédonie était laissée sans surveillance particulière et à la merci des touristes destructeurs et ignares de la fragilité de la faune et de la flore.
Le reste de l'Île était à l'avenant, parcourue par des véhicules pourris en fin de vie, bas de gamme pour la plupart, le centre de Nouméa laissé plus ou moins à l'abandon, pour ce que j'en ai vu, sillonnée par des canaques imbibés d'alcool, et vindicatifs. Au moins, cela n'a n'avait pas changé avec les Mélanésiens. Ils étaient aussi violents que dans mon souvenir.
François Hollande arrive dans ce territoire pour une visite éclair, louant nos ressortissants du bout du monde et félicitant nos avoirs en matière de gisements et la technologie qui fait de cette mine la troisième en tant que fournisseur de nickel dans le monde.
Il a pris soin de ne froisser personne, laissant aux Calédoniens le soin prendre la décision de l'indépendance, ce qui, à mon humble avis, serait une belle erreur. Le territoire comprenant les mines, les eaux territoriales est gigantesque , et déjà l'Australie et le Canada lorgnent dessus.
Les fortunes locales sont colossales et les spéculations lucratives sur le marché du nickel promettent de beaux jours aux investisseurs et font déjà des heureux..
Tout comme la Polynésie, les distances font de ces territoires un endroit rêvé pour y magouiller à loisir, jouant des permis de construire et des autorisations comme un territoire féodal laissé à la discrétion de son seigneur.
Jacques Lafleur y a construit un empire, sa fille continue, et ce sont ses possessions que j'ai découvert, éberlué, sur l'anse Vata, une page autrefois magnifique, maintenant, envahie de complexes de dix étages en bord de mer..

C'est pour cette raison que je ne regrette pas de ne pas y être resté. Et comme toutes les îles, on en fait le tour assez vite. Il faut avoir les moyens de posséder un bateau, une belle résidence et prendre le temps de parcourir l'océan alentour. Alors là, ce peut être une bonne idée de s'y installer.
Mais surtout, revenir en métropole de temps en temps.

16 novembre 2014

Mont Rigi


Quand je suis revenu dans la région hier, ce fut sous des trombes d'eau, transformant le terrain ou nous devions travailler en immense bourbier. La pluie a duré la nuit entière et c'est sans grande illusion que je suis parti me coucher. 
A mon réveil, j'ai eu le plaisir de voir le soleil au milieu de quelques nuages épars. Du coup, je suis parti voir ce qui faisait de cette région l'une des plus réputées de Suisse, et par conséquent, du monde asiatique. Et cela n'a pas loupé, ils sont là-haut...
Cela a commencé par une reconnaissance sur Google Maps, pour savoir ce qu'il y avait à voir et comment y aller. J'ai trouvé des stations de téléphériques qui pouvaient m'emmener en haut de cette montagne très particulière...
Déjà, elle est très accessible par des chemins de randonnées et elles habitée jusqu'en haut. Il y a des bains thermaux et le plus étonnant, c'est en montant que je le vois: elle est constituée entièrement de galets de rivières cimentés entre eux par du calcaire....

Géologie: Il y a environ 5 millions d’années, le plissement alpin soulevait ici même les vieux sédiments de la Reuss originelle. Les galets arrondis par la rivière sont bien visibles dans la roche (Nagelfluh = molasse). Lors des périodes glaciaires, l'énorme couche de glace atteignait jusqu’à 1000 mètres d'épaisseur. Elle a ainsi façonné les vallées et les lacs. En saison de mer de brouillard à une altitude d'environ 1000m, il est aisé d'imaginer voir cette étendue de glace jusqu'au Jura. À présent, le Rigi forme une «île» avancée, à l’orée des Préalpes, ce qui offre une vue exceptionnelle. Par temps clair, on voit la moitié de la Suisse, les Alpes, le Jura, la Forêt noire et les Vosges. 

Et c'est vrai que la vue est exceptionnelle








7 novembre 2014

Le Gotthard, Gran Gottardo.

Me revoici en Suisse, mais cette fois dans un endroit où je ne suis jamais allé, en l'occurence le Tessin, partie italienne helvétique, et qui donne vraiment l'impression d'avoir franchi les Alpes.
Nous sommes arrivés avec la neige, en très grande quantité, et qui m'a fait craindre un instant  de rester bloqué en des endroits comme le tunnel routier du Gotthard ou le train de la passe de Furka. Disons dans les accès à ces endroits, puisque un fois sur le train avec la voiture, tout roule. Et je suis content de la mienne, qui, contrairement à l'ancienne Mercedes, se comporte excellemment sur les routes enneigées. Il faut avouer que je n'étais pas chaud pour venir me perdre au début de l'hiver dans ces contrées lointaines, et avec des horaires qui me laissent peu d'espoir de rentrer avant plusieurs semaines.
Mais après quelques jours d'adaptation, cela m 'a rappelé que quand je suis venu en Suisse et surtout avant sur le chantier du tunnel du Mt-Blanc, j'avais encore moins de repères et de moyens de subsistance. Ce n'est pas le cas aujourd'hui, et je retrouve assez vite mes facultés d'adaptation à tous les climats et les circonstances.
J'ai quand même quelques exigences en rapport avec le confort et la connectivité, essentielles pour moi. J'ai arrêté de bosser dans des conditions plus que précaires il y a quelques années, et il n'y a aucune raison que je recommence.
Donc, je peux maintenant me concentrer sur mon job sans interférences psychologiques, et profiter des moments libres pour faire connaissance avec la faune et la flore de la région..
La neige est tombée en quantité, je l'ai dit, et maintenant, elle fond, ce qui génère quantité de cascades exceptionnelles et magnifiques. Ici, la roche est plus sombre car la roche est la plus vieille des Alpes. C'est le massif du Gotthard, qui fait partie des massifs cristallins du Permo-carbonifère, ère primaire...Ces roches éruptives et métamorphiques viennent du fond des âges et des entrailles de la Terre, révélées par l'érosion et les mouvements tectoniques( je suis allé à la pêche ici).
Demain, je retourne me balader en matinée car je bosse l'après midi et la nuit de samedi. Les autres suivantes aussi d'ailleurs.
J'aimerai bien vous montrer les chamois dont j'ai vu les traces... Mais c'est une autre histoire.







4 novembre 2014

Brig, Valais, Suisse

Me revoici dans ma contrée d'adoption...Je suis à Brig, dont je garde le souvenir d'un accident de travail. C'était en 2002 et je venais de commencer sur le chantier du tunnel du Lötschberg. Nous allions y passer quatre ans à traverser la montagne sous la célèbre Jungfrau. Après quelques semaines de travail, où je m'occupais à l'époque des tapis convoyeurs, j'ai eu la main droite malencontreusement happée par un tapis et il s'en est fallu de peu que je perde celle-ci. Heureusement, les médecins de l'hôpital de Brig ont fait du bon boulot, et après quatre mois de convalescence et de rééducation, j'ai pu reprendre le travail.
J'ai eu plusieurs opérations ensuite, mais j'ai attendu la fin du chantier pour effectuer l'opération finale qui m'a permis de retrouver toute la souplesse de mes doigts.
Voilà pour les souvenirs, et depuis, je n'ai rien eu d'aussi grave, heureusement.
Brig est du côté allemand du Valais, où la frontière se situe virtuellement juste après Sierre, avant Leukerbad, Loèche les bains en français.
Il n'y a pas de territoire tampon où les autochtones parlent les deux langues, comme souvent aux frontières des pays. A Sierre, tout le monde parle français, les rues et les commerces sont tous affichés dans cette langue, les commerçants ne parlent que la langue de Voltaire, et à quelques kilomètres de là, tout est passé dans le langage de Goethe. Et dans le Tessin, l'histoire se répète en italien.
J'aime assez le Valais, c'est le premier canton où j'ai vécu, les gens sympathiques et le soleil est très présent, la vallée du jeune Rhône bénéficie d'un micro-climat privilégié.
En ce moment, mes obligations professionnelles m'emmènent dans des endroits suisses que je ne connaissais pas, et à chaque fois, je vais de surprise en émerveillement.
Pourtant, cette période entre deux saisons où la pluie peine à devenir  neige n'est pas la plus favorable aux sorties et aux impératifs de mon travail plutôt en extérieur.
Il suffit de faire les quelques kilomètres qui amènent à l'altitude adéquate, et l'environnement se métamorphose.


Ce n'est pas le Valais, mais il faisait tellement mauvais que
j'ai attendu le soleil pour faire des photos...On est plus vers le Tessin, là.

19 octobre 2014

Fabrice Éboué au Bataclan

Dans le genre "je bouscule tout le monde", Fabrice frappe fort!
Je suis allé le voir hier au Bataclan, boulevard Voltaire et il est arrivé sur la scène, après que celle-ci eût été chauffée par Khian Khojandi, plus connu, entre autres de moi-même, si je dis"bref...".
Ces deux là ont un savoir-faire pour tenir une salle qui m'épate toujours. Pas pour eux, mais en général pour tous ces artistes qui sont seuls sur une scène, les "one-man-woman-show".
Pas évident, il faut être un roi de la tchatche, de l'impro, du tempo, de la répartie, toutes ces qualités qui font qu'un humoriste sorte du flot ininterrompu des candidats à la gloire.

10 octobre 2014

Fort de Fermont

Cela faisait longtemps que je voulais voir cette fameuse ligne Maginot,  celle dont on dit qu'elle n'a servi à rien...A l'emplacement de ce fort, une plaque commémorative indique qu'il fut tout de même attaqué et livré sans avoir été vaincu à l'ennemi.
Cet ouvrage fait partie d'un grand ensemble de fortifications enterrées pour la plupart, escamotables, et assez bien conçues. 
Dommage que les allemands n'aient pas eu le bon goût de passer à proximité pour envahir la France. 
Notre pays était resté sur la base de la guerre de 14-18, conflit de positions, où chacun s'enterre et reste là où il se trouve. Résiste et combat, avance et se replie, comme au bon temps des tranchées.
Mais la Blitzkrieg du général Heinz Guderian ne s'embarrassait pas de ces détails. Il a (ré)inventé la guerre de mouvement telle que la connaissait les contemporains de Gengis Khan ou qu'on pouvait l'apprendre des 36 stratagèmes chinois.

Pour en revenir à ce fort, je n'ai pu le visiter, juste m'en approcher à la fin de ma journée de travail et n'ai pu y retourner faute de temps, car, tout comme les armées d'antan, je suis toujours en mouvement...:/)
Il reste également aux alentours, dans les champs, des blockhaus disséminés, apparemment sans but, mais j'en doute. Ceux que je vois en Suisse, et qui sont la continuité de la ligne Maginot, sont plus facilement explicables: surplombs, vue plongeante sur les routes et vallées, accès routiers et ferroviaires, etc.. Ici, rien ou presque ne se distingue de la nature environnante.
Elle qui absorbe tout a quand même bien du mal à digérer les forteresses faites de mètres d'épaisseur de béton. Mais elle y arrive doucement.  C'est une digestion lente, à l'instar des autres bunkers côtiers qui eux, sont avalés par le sable sous leur propre poids.
Tout cela rappelle que le temps est un rouleau compresseur qui avale tout.
Ces guerres ont disparu de la mémoire collective, et à part des passionnés d'histoire comme votre serviteur, il ne reste plus beaucoup de jeunes adultes que cela intéresse, encore moins d'adolescents; ils ne se sentent pas concernés par ces conflits pour eux préhistoriques. J'entends par là antérieurs à leur propre naissance.
Pourtant, ces jeunes gens devraient apprendre du passé, je l'ai déjà écrit ici même.
Les méthodes semblent changer, mais la finalité est la même: tuer son prochain pour avoir ce qu'il possède.
Nous avons fait semblant de croire qu'après deux conflits mondiaux, l'Europe serait le territoire des Bisounours, que le libre échange des gens et des biens apporterait bonheur et prospérité.
Nous n'avons fait qu'ouvrir nos frontières à tous les autres qui n 'avaient pas su ou pu obtenir notre degré de civilisation et d'instruction.
Il a fallu pourtant des des siècles pour cela dans toute l'Europe.
Malgré cela, à cause de la faiblesse des états, de l'éthique imbécile sur la solidarité qui ne marche que dans un seul sens, il ne nous faudra que quelques années pour revenir au moyen-âge.

Une des entrées du fort.
plaque commémorative
Ce fut a trouvé un locataire plus pacifique...

Canon allemand dont je doute que ce soit la couleur d'origine.

Longuyon, non loin...

7 octobre 2014

Longuyon, Moselle.

Toujours en Lorraine, et encore pour quelques semaines, le sentiment d'être dans un endroit oublié des hommes se fait plus sentir quand le temps passe à la pluie et la froidure d'octobre.
Cette ville, Longuyon, à vingt kilomètres de Longwy, autant de la Belgique et du Luxembourg, semble avoir du mal à retrouver une place dans ce carrefour entre trois pays.
Si j'en regarde l'histoire, elle est l'une des nombreuses communes où l'on croit que rien ne s'est passé, justement que l'histoire de France. Des guerres, celle de 1914/1918 fut la plus meurtrière, qui la vit dévastée par l'armée prussienne les 23 et 24 août de la première année, et fusilla 86 habitants, hommes, femmes et enfants sur les 2300 qui y résidaient.
Plus loin de nous, Louis XIV a prononcé son nom pour en faire détruire le château de Mussy par les troupes d'occupation française.
Des occupations, la dernière, curieusement, par l'armée canadienne, jusqu'en 1967.
Il y ont laissé en souvenir: un totem...
J'irai voir où il se trouve pour le prendre en photo, et aussi, si je peux, voir le musée de la ligne Maginot, qui passait aussi par ici au fort de Fermont. 
Il faut bien admettre qu'en France, quel que soit l'endroit où vous vous trouviez, même le plus petit village a une histoire deux fois millénaire à raconter. 
Ici, des vestiges gallo-romains témoignent, là-bas des châteaux et des forges nous parlent de la vie de générations de soldats, de paysans et d'ouvriers.
Des ouvriers, il n'y en a plus guère, parmi les vestiges de ce grand noeud ferroviaire que fut la gare de Longuyon. Il y passait d'immenses trains de minerai et d'acier. Il y avait de forges, des ateliers, des dépôts, ce devait être très fréquenté...
Toute cette région, il ne faut pas l'oublier, de la Manche à la Ruhr, faisait vivre l'Europe avec son charbon et son acier.

Même si ce n'est pas l'endroit que je retiendrai pour y passer une villégiature ensoleillée, je garde un profond respect pour tous les gens qui y ont creusé la terre, travaillé le fer et laissé leur vie pour le futur de leurs enfants.
Dommage que de sombres intérêts soi-disant supérieurs aient laissé, là où régnait une activité florissante, des ruines gigantesques et des populations désemparées.

Omaha beach, plage meurtrière

Parmi les plages du débarquement, Omaha, où ce sont les américains qui reçurent le privilège d'y débarquer, possèdent des falaises q...